Le quartier Saint-Roch, aujourd’hui

Un texte intéressant de Claude Villeneuve au sujet du quartier Saint-Roch d’aujourd’hui et de sa mixité :

J’ai sourcillé lundi matin devant la chronique de mon collègue Jérôme Landry. Après un repas au Bureau de poste, le morning man se surprenait d’y être tombé face à face avec la toxicomanie. Il y voyait le signe que le quartier Saint-Roch était «en train de retomber dans la misère».

Or, les promoteurs auraient aimé nous le faire oublier il y a dix ans, quand on ouvrait des boutiques de luxe dans un quartier qui fermait le vendredi à 17 h, mais la pauvreté n’a jamais quitté le secteur.

Ça ne veut pas dire que le secteur ne va pas bien, au contraire.

Un quartier qui respire

Oui, ça brasse au coin Dorchester et Saint-Joseph. En treize ans, je ne me souviens pas qu’il en ait été autrement. Ou plutôt si. Avant, on y voyait que des «multipoqués». Maintenant, on y trouve aussi des hipsters qui vont au Cercle ou des banlieusards en visite. Tout ce beau monde cohabite.

L’ancienne «main» redevient une vraie avenue culturelle, celle qu’on décrivait dans les années folles, au rythme des salles de spectacles, des bars et des restaurants qu’on y croise. La vie s’y étend et veille désormais sur Saint-Vallier, de la falaise jusque dans Saint-Sauveur quand elle retrouve Saint-Joseph, le coin de rue où on mange le mieux à Québec.

Encore en développement

Le texte de Jérôme Landry a fait réagir sur les réseaux sociaux. Idem pour les blogueurs de Monsaintroch.com. Ils rappellent que le commerce au détail se porte mal partout en Amérique du Nord. Les centres commerciaux de banlieue n’y font pas exception.

Ils soulignent aussi qu’on parle régulièrement du secteur dans les publications touristiques et gastronomiques. On discutait encore récemment du développement du gigantesque terrain situé derrière la Fabrique. Saint-Roch n’a pas fini de bouger!

Ça n’arrête pas là. Frima studio, plus grande boîte de jeux vidéo entièrement québécoise, a déménagé dans les beaux locaux de TQS, où Landry travaillait lorsqu’il fréquentait le quartier. Le studio d’Ubisoft à Québec présentait hier les premières images d’Assassins Creed Syndicate, prochain volet d’une des franchises les plus populaires de l’histoire. S’ajoute la venue de l’entreprise belge Larian. Il n’y a pas à dire, «la grosse époque des entreprises technos» dont parle mon collègue, on est dedans.

Une question de mixité

On ne rendrait pas service à Saint-Roch en niant ses problèmes et en réduisant sa réalité à ce qui va bien. J’ai d’ailleurs senti une réelle préoccupation à l’égard de la pauvreté dans le texte de Jérôme, un gars qui ne m’est jamais apparu dépourvu de sensibilité.

Et si, justement, la solution se trouvait là, dans le fait d’assumer et même de célébrer notre mixité? De reconnaître que dans une ville qui prospère, il reste de la misère? De choisir de réduire les méfaits, comme le suggère Landry en parlant d’un site d’injection supervisé? Dans la volonté d’agir contre la pauvreté, dans un contexte où les banques alimentaires comptent de plus en plus de petits salariés parmi leurs bénéficiaires?

Je pense qu’on approcherait d’une solution et que Jérôme Landry y contribue. Il faudra toutefois porter notre regard plus loin que sur un seul coin de rue.

Source : http://www.journaldequebec.com/2015/05/13/ca-brasse-dans–saint-roch

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