Sauvegarder la télé et la radio d’état pour les bonnes raisons ?

Sauver Radio-Canada, pour les bonnes raisons

Sophie Durocher

Sophie Durocher

Journal de Montréal, Publié le: dimanche 25 mai 2014, 21H34 | Mise à jour: dimanche 25 mai 2014, 21H58

Depuis quelques semaines, plusieurs personnalités se sont portées à la défense de Radio-Canada. C’est une démarche louable pour sauver ce qui reste d’une institution essentielle.

Mais une chose me frappe : c’est comme si ces gens défendaient un Radio-Canada imaginaire, une télé publique rêvée au lieu de ce qu’est réellement devenu Radio-Canada aujourd’hui. Ces gens parlent de la télé publique comme si on n’y voyait que des émissions culturelles, des documentaires édifiants et des émissions d’affaires publiques percutantes.

Pas un mot sur les quiz lénifiants, les émissions de variétés ratées, les magazines de matantes endormants.

Je pense en effet qu’il faut défendre Radio-Canada. Mais ça ne rend pas service au patient si tous les médecins qui se succèdent à son chevet ne parlent que de ses organes en santé en passant sous silence ses côtes cassées, son foie cirrhosé ou son hernie discale.

TOUS POUR UN

La dernière personnalité à se porter à la défense de Radio-Canada est Christiane Charette. Dans le cahier Weekend du Journal de samedi dernier, elle a confié à mon collègue Marc-André Lemieux la profession de foi suivante : «Nous avons beaucoup à perdre en coupant les vivres à Radio-Canada. Ça représenterait un appauvrissement pour toutes les formes de pensées marginales : culturelle, sociale…»

Pardon? De quelle culture parle Christiane Charette? Est-elle au courant qu’Ici Radio-Canada Télé n’offre plus depuis belle lurette de magazine culturel? Que les seuls artistes qu’on voit à la télé de Rad-Can sont invités à faire des blagues à TLMEP, des recettes avec France Castel ou chanter des tounes avec Gregory Charles?

Il n’y a en ce moment aucune émission à Ici Radio-Canada télé qui offre un regard critique sur le cinéma, des entrevues avec des architectes, des reportages sur des peintres ou des recensions de livres. Et à quelle «pensée marginale» Christiane Charette fait-elle référence? C’est quand la dernière fois que vous avez entendu un philosophe ou un essayiste s’exprimer plus que 30 secondes sur les ondes de la télévision publique?

Avez-vous déjà regardé l’émission Entrée principale? André Robitaille fait semblant d’être passionné par une chronique sur les 1001 façons de nettoyer les taches. C’est ça la «pensée marginale» à Ici Radio-Canada ? Ou c’est Alors on Jase (l’émission de Joël Legendre et Élyse Marquis qui vient de passer au couperet) où l’on a déjà vu Louise Deschâtelets passer à deux doigts de vomir dans un manège de La Ronde ?

Suite de l’article : http://www.journaldequebec.com/2014/05/25/sauver-radio-canada-pour-les-bonnes-raisons

On a coupé justement dans les émissions culturelles et d’information à Ici Radio-Canada parce que ça ne rapportait pas assez. En fait, on a détourné la mission de Radio-Canada avec le temps pour faire de la télévision privée avec les deniers publics. Ça ne s’arrangera pas avec les Conservateurs en ce moment qui cherchent à couper et à sauver de l’argent un peu partout. D’ailleurs, je me demande bien pourquoi on a pris la balle au bond avec Télé-Québec. À moins que ce soit une question de juridiction…

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